Sergio Hurtado

06 Projets

Chelo

Chelo — le site d'une marque qui ne vend pas dessus

2026 · E-commerce · Site de marque · Cinq langues · Mission freelance

Chelo vend quatre objets du quotidien sur une marketplace, dans quatre pays européens. La question posée n'était pas « comment vendre davantage depuis le site », mais une question plus dérangeante : à quoi sert un site quand la vente se fait ailleurs ?

Analyse

Les messages reçus par la marque disaient déjà ce que les visiteurs venaient chercher, et ce n'était pas un panier. Deux besoins revenaient, et un seul des deux relève du commerce.

  • Avant l'achat — savoir à qui on a affaire. Sur une marketplace, le vendeur est une ligne de texte. Une marque inconnue doit prouver qu'il y a une société derrière, sinon le doute se règle en faveur du concurrent installé.
  • Après l'achat — retrouver une commande. C'est la demande la plus fréquente, et c'est précisément celle que le site ne peut pas traiter : la commande n'existe pas chez lui.

Conception

Trois univers — Food, Home, Fun — tiennent lieu de colonne vertébrale de navigation. Le troisième n'est pas encore lancé : il est annoncé comme en cours de dessin plutôt que masqué. Le visiteur lit une trajectoire de marque, pas un catalogue de quatre références.

Cinq langues, une URL par langue, sélecteur persistant dans l'en-tête. Elles suivent les pays où la marque est réellement en vente — pas une ambition de trafic. Une langue de plus que de marchés serait une promesse que le service après-vente ne tient pas.

L'accueil : la promesse d'abord, les univers ensuite — et le lien de sortie vers la marketplace disponible dès l'en-tête, pas caché en bas de page.

Dérouter avant de répondre

La page Contact reçoit trois demandes qui n'ont rien en commun : un partenariat, une question sur la société, un problème de commande. La troisième est la plus fréquente et la seule à laquelle le site ne peut rien. Elle est donc traitée avant le formulaire, pas après.

  • Un encadré de déroutage en tête de colonne renvoie l'acheteur vers son compte sur la marketplace, là où la commande existe vraiment. L'utilisateur est servi plus vite qu'en écrivant, et la boîte de réception ne se remplit pas de demandes sans réponse possible.
  • Le bloc d'identité société — numéro d'immatriculation, siège, numéro de TVA — est placé en face du formulaire, pas relégué dans les mentions légales. C'est lui qui fait la différence entre « boutique douteuse » et « société identifiable ».
  • Le formulaire n'envoie rien à un serveur : il ouvre le client de messagerie du visiteur. Pas de base de données, pas de collecte, pas de traitement à déclarer.
Contact : le sélecteur de langue ouvert, le bloc société en regard du formulaire, et l'encadré qui renvoie les questions de commande vers la marketplace.

Évaluation & itération

La contrainte de production était posée d'avance : site statique, hébergement existant, adresse inchangée. Aucune brique dynamique n'était négociable — ce qui a cadré chaque décision d'interface bien plus utilement qu'un cahier des charges. Le design system devait tenir cinq langues sur trois univers : chaque composant a été éprouvé sur l'allemand en premier, la langue qui casse les gabarits avant toutes les autres.

01
Wireframes — arborescence, gabarits, cinq langues posées dès le départ
02
Charte graphique — typographies, palette, traitement photo
03
Design system — composants éprouvés sur la langue la plus longue
04
UI puis intégration — pages statiques, mise en ligne, domaine inchangé

Un site qui ne vend pas peut être un bon site : il lui suffit de faire ce que la marketplace ne sait pas faire — dire qui est derrière le produit.